Rodolphe Viémont

« L’artiste est celui qui met sa mort en valeur. »
Pierre Jean Jouve in « En miroir »
Rodolphe Viémont

Blessé il est arrivé

Roman, Ed. Fondencre, 2018 (178 pages)




QUATRIÈME DE COUVERTURE

 Une histoire d’ados ? Certes, mais qui va bien au delà. Entre Dimitri, poète en herbe mystique mais obsédé par son corps, étudiant en théologie hanté par un passé douloureux, et Chiara éprise de lecture, fantasque, sensible mais à l’intransigeante exigence de liberté, c’est un long face-à-face qui entraîne le lecteur au plus profond de la quête d’un amour humain à l’assaut d’antagonismes, au risque de conduire à un acte imprévisible. Un mode de narration inventif au service d’une intrigue insolite.


"— Tu es quelqu’un de bien, Dimitri. De très bien. Mais... je ne sais comment dire... J’ai l’impression que tu es enfermé dans une boîte de principes dont tu ne sais pas comment sortir ?

— Tous ces regards sur toi... articula-t-il difficilement.
— Mais je ne t’appartiens pas. C’est à force de réactions comme celles-là que je me freine dans ma tendresse pour toi.

Dimitri plissa le visage. Qu’entendait-elle ?
— Ben, par exemple, je ne trouverais rien d’incorrect à te prendre dans mes bras parce que ça se fait d’enlacer les gens que l’on aime. Mais tu y verrais un engagement démesuré ou quelque chose de sexuel.
— Non! mentit-il."

 

    


AUTRE RÉSUMÉ (PAR L'AUTEUR)

A rebours de son époque, Dimitri, la vingtaine, vit dans un monde fait d'absolu, de sur-morale, de jusqu’au-boutisme. Sa rencontre avec Chiara, plus jeune mais plus vivante que lui, sera sa perte puis son entrée dans le monde adulte, réel.


         


EXTRAITS

Ça défile devant moi. Des caillots. Hein ? Z’êtes bouchés ? Des caillots, je vous dis. Ok, on s’en fout. De toute façon, je ne serai jamais Dantès. Tu as tué ma vengeance. Que me reste-t-il pour vivre ? Il s’agit de gagner des miettes ? Pas super excitant. Des peccadilles ou quelques secondes. Une hérésie ? Un rêve. Comme une injure à la tristesse. Ô visage damné !
— C’est psychiatrique, ça ? — Non, non, il est soûl plutôt.
Pas soûl pour un sou, m’sieur ! Je leur explique de long en large : le monde, Chiara, la poésie. Les bourreaux. Mais ils n’entendent rien. Ne réagissent même pas.

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Plus que jamais sexy. Des frissons chez Dimitri. Des aiguilles sous la peau. Brûlantes, vives. Des instants à revivre. La Loire, cette Loire-là, Chiara, cette Chiara-là, le jeune homme les voudrait toujours ! N’en serait jamais rassasié.

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Les mots qu’ils échangeaient tous deux étaient un appel réciproque à la lumière. Une drogue ; toujours plus, toujours plus forte. Car qu’est-ce qui rapprochait Dimitri et Chiara en réalité ? Hormis le s.o.s. poétique qu’ils se lançaient à chaque courrier.
Ils cherchaient tous deux une même chose, même si les voies pour y parvenir leur étaient somme toute bien différentes : lire en l’autre leur propre rédemption. Cette victoire qui arrive par magie, parfois, presque par hasard, dans la nuit. Le bonheur comme seuls les grands mélancoliques le connaissent. Ils étaient devenus, sans en avoir vraiment conscience, une béquille l’un pour l’autre. Et leur réciproque admiration, un tuteur à vivre.

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Tu fais partie de cette élite de voyants.
(…)
Je suis persuadée que tu seras quelqu’un de grand. Par la poésie ? Je ne sais pas. Mais par l’énergie dont tu es plein, c’est sûr. Ta poésie t’aide à cracher ta souffrance et c’est fabuleux.

 

PAGE 29 ET 30



BO DU LIVRE

L'ami de Discömobile a concocté une playlist dingue : la bande son du roman. 4h23 de musiques, de sons.
De Trisomie 21 à H.-F. Thiéfaine, en passant par D. Bowie, L. Reed, Noir Désir, L. Ferré, les Béru… On y entendra aussi avec plaisir les voix de Y. Ritsos, C. Bukowski, B. Cendrars…

Une excellente et agréable manière d’entrer dans l’univers du bouquin.

https://www.deezer.com/fr/playlist/4682752184?utm_source=deezer&utm_content=playlist-4682752184&utm_term=8240290_1535192492&utm_medium=web

REVUE DE PRESSE

 

ÉVÉNEMENTS AUTOUR DU LIVRE

 

PRO DOMO

Un jour j'ai compris que pour être crédible en écriture (littéraire ou cinématographique), il fallait atténuer la vérité : l'enrober, l'adoucir. Sauf que moi je n’avais aucune intention de rabougrir les belles histoires.
Le lendemain, j'ai décidé que la fiction était ma priorité : la mienne, de fiction, j'entends. Celle-ci n'a en fait raison d'exister que blackboulée, brassée avec le réel. J'en fis une grammaire. Un construction personnelle de l'esprit où rien n'a de place définie. A tel point que relisant "Blessé...", et ce sans posture, je m'y vois aujourd'hui perdu : qu'ai-je vraiment vécu ? Et qu'ai-je inventé ? Vingt-cinq ans après les évènements, je ne les connais et reconnais plus que par le prisme de la fiction. La vérité n'a plus de place chez moi. La littérature et le cinéma ont tout avalé.