Rodolphe Viémont

« C'est nu qu'on nage bien et avec joie. »
Jean Giono (lettre à Jean Paulhan)
Rodolphe Viémont

Pour aller plus loin

 

"CHERCHER CE QUI N'EXISTE PAS"

 

 NUAGE D'INTENTIONS

… dépasser les aspérités…
… magnifier…
… dépasser la douleur…
… sauvage…
… veiller à être sensible en se gardant d’être précieux…
… un cinéma littéraire…
… comme si des mots s’incrustaient dans l’image…
… un cinéma de la mélancolie…
… des gueules cassées qui brillent…
… en petites touches pointillistes…
… une quête spirituelle permanente…
… tricoter le réel…
… l’intimité comme matériau de départ…


MÉTHODOLOGIE

Première chose : être à l'écoute, être disposé aux choses. Préambule indispensable à. Sinon : accouchement difficile et vain.
Ensuite : regarder, ressentir. Éprouver. On ne crée pas ex nihilo, on bâtit sur.
Troisièmement : réinventer le monde. Réinterpréter le réel. A défaut : enfantement tout juste ludique.
Alors seulement, mettre les mains dans la matière, brasser la terre, caresser l'huile, se noircir le visage...
Pour finir : vérifier que. Sinon : recommencer.

 

INTERROGER L'INSONDABLE

L'art (même ancré dans le réel comme le cinéma) n'a pas pour vocation de rendre compte de ce que l'on sait, connaît, de ce dont on est sûr ; mais bien plutôt, en un labeur méticuleux, revenant sans cesse à la tâche, d'interroger l'insondable, de questionner ses propres axes de fuite, de tracer un chemin joyeux et esthétique : « irriguer son âme », comme disait l'autre.

 

Oui !

Oui aux gargarismes, aux prières, aux supplications et aux rêves.
Oui aux madones de Botticelli, aux tremblements de Van Gogh, à l’indécence de Schiele, aux chairs sanguines de Bacon, au mysticisme de Lochner, à la colère de Basquiat.
Aux Messes de Mozart, au Requiem de Fauré, aux Passions de Bach, à la mélancolie de Chostakovitch et aux chevauchées de Wagner.
Aux riffs de Muse, à la noirceur de Laibach, aux rythmes de Mimetic, aux percussions de Neubauten.
Oui à Jouve, à Rilke, à Genet, à Cendrars. A l’intelligence de Camus.
A la foi de Tarkovski, les miroirs de Bergman, la finesse de Desplechin, au Réel de Bresson, aux silences d’Angelopoulos.
A la brûlure du soleil, du sel de la mer. A l’aube, à la pénombre. Aux fleuves libres. Aux odeurs de vase et d'algue. Aux sensations nocturnes de la ville.
Aux écorchés, aux âmes meurtries. Aux gens entiers, pleins.
Aux combats perdus d'avance. A l’erreur. Au jusqu'au-boutisme. Au courage et à la décadance.
A la chaleur d'un sexe amoureux. A la passion.
A tout ce qui nous sauve de l’infiniment petit pascalien.


FILMS / TOP 20 (sans ordre)

« La Vengeance de Kriemhild » de Fritz Lang
« Le Sacrifice » d’Andrei Tarkovski
« 2001, L’Odyssée de l’Espace » de Stanley Kubrick
« Le Journal d’un Curé de Campagne » de Robert Bresson
« Théorème » de Pier Paolo Pasolini
« La Maman et la Putain » de Jean Eustache
« Sur la Route de Madison » de Clint Eastwood
« La Vie de Jésus » de Bruno Dumont
« Head on » de Fatih Akin
« Japon » de Carlos Reygadas
« La Règle du Jeu » de Jean Renoir
« La Pudeur ou l’Impudeur » d’Hervé Guibert
« Le Regard d’Ulysse » de Theo Angelopoulos
« Dogville » de Lars Van Trier
« Punishment Park » de Peter Watkins
« Païsa » de Roberto Rossellini
« A travers le Miroir » de Ingmar Bergman
« Ordet » de Carl Theodor Dreyer
« Passe Montagne » de Jean-François Stévenin
« Esther Kahn » d’Arnaud Desplechin