À propos

Rodolphe Viémont est né en 1975 à Angers. Très tôt il se passionne pour l’écriture ; Camus le marquera à jamais. Il s’intéresse dès le lycée à la culture libertaire et fonde en 1996 avec Johann Cariou L’Étincelle à Angers, un lieu culturel autogéré, soutenu par la Fédération Anarchiste.

Son poème-nouvelle Lettre à Julia (1996) est le début d’un long chemin en compagnie des éléments naturels (ici la Loire angevine) qui irrigueront nombre de ces travaux futurs. Deux ans plus tard, il publie un recueil de poèmes érotiques, Women. Vingt ans après, sort un premier roman, blessé il est arrivé, qui revient sur ces noires années d’errance sentimentale. Littérature de révolte un brin misanthropique, à fleur de peau, où la beauté reste le point de mire aussi violent soit le chemin.

Mais la littérature est loin d’être seule dans le langage de Rodolphe. Après des études à l’ESRA et Paris 8, il entame une carrière cinématographique avec plusieurs courts métrages dont Un Éclat (2007) où il dirige Olivier Py et Aurélien Recoing ; un film qui fait état de la passion de l’auteur pour la poésie mystique, thème qui traversera tout son travail et se mariera, plus facilement qu’il n’y paraît, avec son anarchisme.

Les années suivantes seront surtout marquées par des documentaires. Humeur Liquide (2016) et Pour Ernestine (2019) seront les deux premiers films de Rodolphe à sortir en salles : il y filme son intimité, notamment autour de la question de sa bipolarité. Toujours dans cette dichotomie qui le caractérise : entre recherche d’engagement politique et volonté de vie en réclusion.

Ses voix-off de documentaires, très littéraires, sont particulièrement remarquées et récompensées.

Un critique parlera pour l’ensemble de son travail de « réalisme lyrique ».

Avec le documentaire Le Champ d’Igor (2021)Rodolphe fait montre d’un intérêt pour l’écologie et l’autonomie.

Merci pour la Grâce (2024) est le portrait de son ami écrivain et chanteur, Jean-Pierre Théolier, qui a triomphé de la drogue après 40 ans de toxiques.

Avril 2026 voit l’achèvement d’un court-métrage documentaire militant sur l’avenir de la clinique psychiatrique de La Chesnaie.

Entretien lors du Festival Résistances de Foix, 2025 (extraits)


— Alors bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour ce premier café ciné du festival Résistances de l’édition 2025. Et donc on commence par la thématique « Moi, fou, folle, sauvage, trois petits points sous contrôle ? » Et pour ouvrir cette thématique nous avons ce matin Rodolphe Viémont qui est réalisateur qui va nous présenter son film ce soir à 21h dans la petite salle qui s’appelle « Humeur Liquide » et donc on va revenir avec lui sur son parcours cinématographique et autres. Donc toi tu es arrivé dans cette passion du cinéma assez jeune après avoir fait des études d’ingénieur.
— Oui, j’ai fait des études d’ingénieur au début des années 90. En fait j’ai eu une révélation au Festival de Belfort avec un film de Fritz Langz, « Die Nibelungen », qui était sans traduction en français à l’époque. Et j’ai tout arrêté, je suis monté à Paris étudier le cinéma. Donc je ne suis pas ingénieur ! Et après l’école, j’ai commencé à réaliser assez vite de manière épisodique. J’ai beaucoup travaillé sur les plateaux, à peu près à tous les postes. J’ai commencé par la caméra, j’ai fait de la lumière, de la régie, un peu tout, et puis je n’ai plus fait que réaliser à partir de 2006-2007. J’avais envie de voir un peu tous les corps de métier. Je trouve ça hyper important qu’un réalisateur soit formé à tous les domaines parce que si quand on peut diriger quelque chose faut savoir de quoi on parle. Et puis ça m’a permis d’apprendre aussi beaucoup des autres sur les plateaux ; je travaillais pour Lelouch, Corneau… J’ai vu comment ils travaillaient, j’ai beaucoup appris.
— Tu es un réalisateur qui fait autant de fiction, enfin ça fait longtemps que tu n’as pas fait de fiction, mais tu as quand même fait pas mal de courts-métrages de fiction. Tu fais aussi du documentaire. Et tu as commencé quand-même par la fiction. Comment est-ce qu’à un moment donné tu en es arrivé à faire du documentaire et qu’est-ce que le documentaire t’a apporté ou t’apporte, que la fiction ne t’apporte pas ?
— J’ai commencé par la fiction parce que j’avais l’impression que c’était le seul langage que je pouvais avoir à l’époque ; puis je suis arrivé au documentaire vraiment pour ou par les sujets traités. Je n’ai pas voulu me mettre au documentaire pour me mettre au documentaire, mais il y avait des sujets qui m’intéressaient, que j’avais envie de traiter et je ne me voyais pas le faire en fiction. J’ai fait un premier documentaire autour de la restauration d’une église qui a été qui s’est greffée autour d’un autre projet de fiction, les deux se sont faits ensemble. Le premier vrai grand documentaire que j’ai fait, c’était sur la tapisserie d’Apocalypse à Angers, parce que je suis angevin d’origine, et j’avais envie de raconter l’histoire de cette tapisserie.
— Alors qu’est-ce que ça t’apporte de plus ?
— En fait, ça n’a pas de grand-chose à voir, la fiction et le documentaire. Documentaire, on a une vraie liberté. Ça paraît plus facile, mais ça ne l’est pas forcément à cause justement de cette liberté. Je n’ai pas fait de fiction depuis 2011, donc j’ai très envie d’y revenir, aussi parce que la fiction permet quand même d’explorer des choses que parfois les documentaires ne peuvent pas capter. On peut aller au-delà et commencer à inventer d’autres formes narratives.
— Tu as fait pour l’instant je crois que c’était une bonne dizaine de films, dont « Humeur Liquide » qu’on va présenter ce soir qui est un film qui part de ta bipolarité et te raconte sur le temps long. Est-ce que tu es tout le temps en train de filmer tout ce que tu vis, tout ce que tu ressens ou est-ce que…
— Alors « Humeur Liquide » a vraiment été écrit. De toute façon, pour financer un film, il faut l’écrire. On est obligé. Donc lui, il a été très écrit. En plus « Humeur Liquide », c’est un film que j’ai commencé à envisager en 2002, figure-toi. On parlait très peu de bipolarité à l’époque, il n’y avait à ma connaissance pas de films sur le sujet. Enfin il y avait des films institutionnels mais il n’y a pas de films de cinéma. Et mon idée au départ c’était de témoigner de la maladie et de témoigner d’une forme de souffrance, comme si la filmer pouvait être une forme de catharsis. Et puis assez vite, je me suis rendu compte que cette approche n’intéressait que moi, que ce n’était pas comme ça qu’on faisait un film et qu’on le partageait aux autres. Donc j’ai laissé tomber un peu ce film, j’en ai fait d’autres entre-temps. Et puis c’est ma rencontre avec Laurence, mon épouse, le fait qu’elle-même soit bipolaire, puisque c’est le sujet du film en lui-même, et qu’une envie d’enfant arrive, qui m’a amenée à me dire : là il y a un truc qui va peut-être permettre d’accrocher le spectateur, de dépasser quelque chose. Donc « Humeur Liquide » a été très écrit.
« Pour Ernestine », ça a été tout l’inverse. J’ai filmé quasiment en continu pendant 3-4 ans avec les moyens modernes des petites caméras et le film s’est écrit à la table de montage. Il y a quasiment un an de montage. Pas en continu bien évidemment. En plus c’était des conditions financières très précaires. Donc la monteuse étant très mal payée, elle venait les week-ends, enfin bon c’était assez galère. Mais le gros avantage c’est que j’ai pu à chaque fois qu’il manquait quelque chose repartir en tournage. Et on revenait à la table de montage 15 jours plus tard et on continuait. Donc ça a été un processus sur une bonne année. Donc c’était un film moins écrit. Sauf la voix off qui est très littéraire et a été pensé en amont du montage, même si elle a été réajustée au cours de la post-production.
— Est-ce que c’est propre à ces deux films de filmer beaucoup ; ou est-ce que c’est un processus qui est le même pour chaque film ?
— Sur mes autres documentaires, c’est vraiment une construction plus standard, avec des jours de tournage fixes, voilà, et c’est très calé. Mais il n’y a pas autant de matière. Et ce qui est étonnant, c’est que sur la table de montage, j’arrive à raconter une histoire. Autant quand j’écris en amont du tournage, je suis vraiment très impliquée. Je sais que j’écris sur moi ou sur mon épouse ou sur ma fille. Autant j’ai une écriture qui est très introspective, autant une fois sur la table de montage j’ai vraiment l’impression de raconter l’histoire d’un personnage qui n’est pas qui n’est plus moi. Il y a une vraie mise à distance et on essaye de trouver un rythme et puis une narration qui permet au spectateur de rencontrer ce personnage presque étranger. C’est en voyant le film en projection que tout d’un coup je réalise que, oui, c’est moi ; mais j’avais oublié presque.
— T’as fait beaucoup de portraits. Et tu t’intéresses à des gens qui quand même ont un pied de travers, quelque part.
— Oui, dans ma filmo, il y a pas mal de portraits. J’alterne entre films introspectifs et portraits. Il y a un journaliste, je ne sais plus lequel, qui avait écrit à propos de « Pour Ernestine » que c’était tellement intime que ça en devenait universel. Et ça je crois que c’est vrai. Donc, là, j’ai fait le portrait d’un jeune homme qui veut vivre dans une autonomie énergétique dans sa maison. Le portrait d’un ami à moi, ancien addict, qui a tout arrêté toutes les drogues en renouant avec sa foi catholique et en rencontrant l’amour…
— Tu as un film sur un écrivain maudit, non ?
— Alors, l’écrivain maudit, ça c’est un projet que j’ai avec un ami scénariste, on a beaucoup du mal à le monter. C’est le portrait de Jacques-Alain Léger, qui était un grand écrivain français, qui s’est suicidé en 2013, qui était un de mes amis, qui était du bipolaire, c’est comme ça qu’on s’est rencontrés. C’est un écrivain qui a toujours été en décalage et donc il ne s’est pas fait que des copains dans le milieu littéraire. Et donc même aujourd’hui, plus de dix ans après sa mort, c’est compliqué de monter le film. Mais oui, ce sera un portrait supplémentaire, tu as raison.
Mon cinéma est de plus en plus altier, se tourne de plus en plus vers les autres. Mais je crois que la seule chose qui m’intéresse vraiment, c’est de donner de l’émotion aux spectateurs. Mais il se trouve, c’est vrai, que c’est souvent par des portraits ou des films sur des gens à la marge ou des gens en difficulté, des gens en souffrance. Je crois que c’est ma propre pathologie qui m’a amené à être sensibilisé à ça.
— On a toujours envie de savoir pourquoi on fait des films. Et justement sous couvert de t’adresser à un large public aussi, est-ce que pour toi, il y a une part aussi, je ne sais pas comment vraiment l’exprimer, mais de pouvoir passer des messages à tes proches sans s’adresser directement à eux ?
— Alors, en l’occurrence, je ne dirais pas du tout ; parce que mes proches, mes très proches savent pour ma bipolarité ; et puis mes proches plus larges je m’intéresse que très peu à leur à leur sentiment ou à leur avis. D’abord parce que je pense que ça ne les intéresse pas. Et puis non, moi je me sens plus proche de mon public que de mes proches par rapport à mes films.
En ce qui concerne les messages, pour le premier film « Humeur Liquide », c’est « l’amour peut triompher de la maladie » puisque c’est un peu ça, on est d’accord ? Et pour le deuxième film c’est « la création ne nécessite pas de se détruire » donc c’est deux messages positifs malgré des sujets qui peuvent paraître anxiogènes et c’est ça que j’essaye de communiquer en fait au public.
— Est-ce que tu t’intéresses aux questions de distribution de ton film ? Ou est-ce que c’est une deuxième étape de travail que tu laisses à d’autres ?
— Les deux films pour être financés ont été d’abord préachetés par des chaînes, puisque c’est obligatoire en documentaire ; les régions n’abondent que les films qui ont été préachetés. Donc de toute façon, je m’intéresse en amont à la distribution. Je suis même plus que m’y intéressé parce que les dossiers, il faut qu’ils soient écrits pour les distributeurs aussi. Donc quelquefois on écrit des choses qu’on sait qu’on ne mettra pas, ou qu’on ne montrera pas, ou qu’on ne tournera pas, mais il faut qu’ils soient présents dans les dossiers pour être bien financé.
Et puis après sur la distribution je fais un maximum de projections. « Humeur Liquide » est sorti un mois et demi au Saint-André-des-Arts qui est un cinéma à Paris très chouette. Et « Pour Ernestine » on a eu une vraie sortie, avec un visa. Et puis sur les deux films après, j’ai fait pas mal de projections avec les UNAFAM, avec France Dépression, des organismes comme ça ; plus des tournées organisées par les régions financières. J’aime ça accompagner les films. Il faut faire vivre les films.
Mais ce sont des films difficiles pour les festivals je trouve ; peut-être parce qu’ils sont peut-être trop intimes mais pas assez sociétaux. Quoique ça peut se discuter, mais c’est vrai que « Pour Ernestine », ce n’est pas un film sociétal, il faut être clair. Or les festivals sont quand même très sociétaux.
— J’avais une deuxième question par rapport au statut disons d’artiste maudit que tu as l’air de pas trop pas trop défendre finalement et moi je suis assez pour ça, pour tout vivre à fond.
— Moi honnêtement, je préfère avoir une vie calme, apaisée et fine plutôt qu’une vie speed, créative et suicidaire. Comme je dis à la fin de « Pour Ernestine », de toute façon, on parle tous des grands auteurs, des grands peintres, etc. Mais il ne nous reste pas grand-chose si on regarde bien. Par exemple, des artistes d’il y a 2000 ou 3000 ans, qu’est-ce qu’il nous reste ? Il nous reste Homère, il nous reste Aristote, et puis la plupart on les a oubliés et donc même les grands aujourd’hui dans 1000 ans les aura oubliés. Donc finalement c’est très faux et très prétentieux de croire qu’être artiste va nous sauver pour l’éternité. Je crois que de toute façon tout est voué à disparaître et que donc la seule chose qui compte c’est d’essayer d’être heureux et encore plus de ne pas rendre malheureux ceux qui nous entourent avec une création qui serait destructive.
— Tu parlais tout à l’heure de poésie…
— Sur « Pour Ernestine » je me suis permis (mon producteur n’était pas d’accor) mais je me suis permis) d’au lieu de mettre « un film de Rodolphe Viémont », j’ai mis « un poème cinématographique de Rodolphe Viémont ». Parce que pour moi c’était vraiment un poème.
— Je sais que tu as aussi édité d’autres poèmes, que la poésie c’est quand même quelque chose qui fait partie de ta vie.
— Oui, et les voix off ont eu les récompenses en festival.
— Je sais aussi que tu as un parcours militant.
— Ouais, j’ai milité à 20 ans à la Fédération Anarchiste de Paris, que j’ai quitté au bout de quelques temp quand je me suis rendu compte, que même les anarchistes étaient staliniens. Donc voilà, je me suis senti beaucoup plus anarchiste que les anarchistes que je fréquentais. Donc j’ai arrêté. Et puis surtout, ils avaient du mal à comprendre, et c’est assez mystérieux même pour moi, que je puisse être à la fois spirituel et anarchiste. J’étais d’une culture catholique familiale ; je ne suis pas pratiquant aujourd’hui ; mais c’est très important pour moi la spiritualité. Je pense souvent à cette phrase de Malraux qui disait Jésus-Christ c’est le seul anarchiste qui avait réussi.
— Il a souvent l’élément liquide aussi…
— Oui, c’est très important. Je ne saurais pas te dire pourquoi, mais dès le premier film « La jeune Femme et la Fleuve » il y avait l’eau, la Loire. Après, oui : tout le temps. Même dans les prochains, il y aura l’eau. « Humeur Liquide » joue sur l’ambiguïté justement de l’humeur en médecine qui est liquide, il y a le sablier qui se retourne, il y a l’écluse, la rivière qui était autour de chez nous. Il faudrait que je fasse un travail intime pour te dire exactement pourquoi. Mais pour moi, il y a quelque chose de très apaisant dans l’eau.
— Alors peut-être j’imagine qu’il y a deux modes de travail, comment tu fais tes films intimes et les autres films, est-ce que tu travailles de la même manière ? Est-ce que tu filmes, tu prends le son, comment tu travailles en équipe ?
— Sur les films traditionnels, j’ai une petite équipe. Si on a deux caméras, j’en prends une, il y a un chef-opérateur, un ingénieur du son, peut-être un électricien et puis de la régie. Mais sur mes films intimes, je me débrouille souvent seul, comme je peux. Le son est souvent un problème, évidemment j’essaie de me débrouiller. Mais par exemple sur « Pour Ernestine », quasiment tout le son du film c’est de la post-production ; il y a quelques directs qu’on a sauvés mais sinon du montage son. Mais maintenant j’ai pris d’habitude, je mets un petit Zoom à côté que je cache pour essayer d’avoir une deuxième prise de son. Quand je fais des entretiens avec Laurence, je mets un HF. Après je suis équipé. Quand je vole des plans, je peux en voler à l’iPhone, mais j’essaie de les voler avec des « vraies » caméras. Donc ça demande de porter les caméras même en vacances un peu partout. Quand on part en vacances, je fais mes bagages et puis je fais mes bagages ciné. Mais ce n’est pas grave ; j’ai moi j’ai vu des signes tournés uniquement à l’iPhone qui sont splendides pour ce qu’ils racontent. J’ai l’habitude des caméras et cadrer c’est moi je prends plaisir à cadrer, j’ai un vrai plaisir à cadrer. Donc voilà, ça fait même partie des vacances pour moi d’aller cadrer les choses.
— Je fais partie du comité qui a sélectionné ton film et depuis tout à l’heure-là que je t’entends parler je me rends compte de l’importance de s’approprier les outils pour faire des films. C’est pour ça qu’on pose aussi des questions sur la manière de faire, parce que la manière de faire, elle est politique aussi.
— Oui, oui, et puis les techniques modernes font qu’on peut très bien mixer et réétalonner des images venant d’un iPhone et d’une Blackmagic et on ne le voit pas à l’écran le mélange.
— C’est intéressant. Ça me fait penser aux films du groupe Medvedkine, Comment en partant de comment fonctionne une caméra, ça a un impact sur la réalité finale et ça a un impact artistique et politique en tout cas.
— Le seul truc un petit peu négatif politiquement que je verrai là-dedans, c’est ma volonté permanente d’avoir les derniers outils de téléphonie portable parce qu’ils s’améliorent et donc je suis toujours dans une recherche d’avoir les dernières générations ; c’est donc un peu consumériste !
— Du coup, quels sont tes projets ?
— J’ai un court-métrage autour de l’affaire Gérard Miller, très romancé, mais cette idée que l’analyste peut prendre le pouvoir ou commettre des choses irréparables. Ça serait une fiction de vingt minutes. On vient juste de finir le scénario, donc on va partir en recherche de production. Ce qui ne va pas être simple parce que ça fait 10 ans que je n’ai pas fait de fiction, j’ai plus de contact en fiction alors qu’en documentaire, je suis plus installé.
— Et travailler à deux, c’est quelque chose que tu avais déjà fait ?
— À ce point-là, non. Il se trouve que c’est mon ami de lycée, Johann Cariou, avec qui je militais à la Fédération Anarchiste, qui a écrit le film. Donc on est très proches et on se comprend très bien et ça roule. Il y a donc le documentaire sur Jacques-Alain Léger, toujours avec Johann. Voilà, c’est compliqué parce que c’est un film avec beaucoup d’INA. Donc c’est très cher, c’est compliqué à monter. Un film sur un écrivain, ça intéresse peu à la télé. Un film sur un écrivain mort qui ne peut pas témoigner, ça intéresse encore moins la télé donc c’est compliqué. Voilà.